Parc de la Butte du Chapeau Rouge #01
Clos des Blancs Manteaux #01
Parc Floral #01
Bois de Vincennes #01
Parc de Belleville #01
Jardin des Plantes #01
Parc Montsouris #01
Parc André Citroën #01
Parc Clichy-Batignolles – Martin Luther King #01
Parc Georges Brassens #01
Jardin des Serres d'Auteuil #01
Parc des Buttes Chaumont #01
Parc de Bagatelle #01
Jardin du Luxembourg #01
La couleur ne doit pas être réaliste.
HENRI MATISSE
HENRI MATISSE
Bercée dès l'enfance par la couleur grâce à mon père artiste peintre, elle est restée mon langage premier, que ce soit en photographie ou en dessin. C'est par elle que je cherche, que je questionne, que je joue.
Depuis une dizaine d'années, j'explore des paysages sans quitter mon atelier, en parcourant le monde via Google Street View. Fascinée par cette technologie dès 2007, j'ai lancé en 2012 la série Voyaginaire, un carnet de voyage virtuel à travers les villes du monde, où je me déplace dans l'espace numérique comme une photographe : je compose, je cadre, je choisis un point de vue. Je prélève ensuite une capture d'écran et la redessine sur iPad, en réinventant les couleurs plutôt qu'en restituant la réalité.
Avec Jardins secrets, j'ai voulu faire un pas de côté. Après des années à dessiner l'architecture et ses lignes géométriques, j'ai ressenti le besoin de formes plus libres, plus vivantes — la végétation, les jeux d'ombres, le foisonnement. Je me suis tournée vers les parcs et jardins publics parisiens, ces espaces que la ville réapprend aujourd'hui à chérir et à multiplier, au fil des politiques de révégétalisation pensées pour faire face aux dérèglements climatiques et à la chaleur urbaine.
Mais les jardins parisiens ne sont pas vraiment la nature : ce sont des natures construites, dessinées, administrées depuis des siècles. Google Street View en produit une nouvelle image : automatique, non-humaine, à hauteur de piéton. Ses caméras piétonnes imposent leurs propres artefacts visuels : distorsion sphérique, lumière figée hors du temps, flou de mouvement, aplats étranges sur les feuillages. Une archive du vivant, vue par une machine et, pour moi, une forme de pratique documentaire : je parcours et redessine méthodiquement les grands jardins parisiens, constituant ainsi un inventaire sensible de ces espaces de nature au cœur de la ville.
C'est là que j'interviens. Je fouille ces archives photographiques automatiques, je récupère leurs déformations, j'assume la courbure fisheye comme un parti pris plastique. Puis je redessine, en poussant les teintes vers des palettes vibrantes et contrastées, souvent complémentaires, délibérément irréelles. Choisir les couleurs et construire chaque palette reste pour moi un moment de joie pure, où le temps s'arrête.
Ce mouvement — de la machine vers le regard, du regard vers la main — est au cœur de ma démarche. Il pose aussi, en filigrane, une aspiration : celle d'une ville où la nature ne serait plus assignée à résidence dans ses jardins, mais traverserait librement le béton, le bitume, le bâti.
Dans un contexte où l'IA générative envahit la création d'images, ma démarche repose sur un ancrage photographique réel et un geste de dessin entièrement manuel — fût-il numérique.
Dans un contexte où l'IA générative envahit la création d'images, ma démarche repose sur un ancrage photographique réel et un geste de dessin entièrement manuel — fût-il numérique.
Jardins secrets restitue, par la couleur et le dessin, quelque chose de sensible et de vivant au bout d'une chaîne d'images entièrement artificielles. Une façon de réaffirmer, par la main et par la palette, la présence irréductible du vivant.
70 x 50 cm ou 100 x 70 cm.
Impression sur papier Hahnemuhle Ultrasmooth 305g.
Édition limitée à 30 exemplaires.
Tirage signé et numéroté et livré avec un certificat d'authenticité.
Impression sur papier Hahnemuhle Ultrasmooth 305g.
Édition limitée à 30 exemplaires.
Tirage signé et numéroté et livré avec un certificat d'authenticité.